lundi 14 novembre 2016

[ Au fil de l'eau de Juan Diaz Canales ]

Auteur : Juan Diaz Canales
Genre : bande dessinée
Editions Rue de Sèvres
Parution 14 septembre 2016
112 pages

Mon avis



De nos jours, l'Espagne est marqué par la crise. Niceto et sa bande de copains, tous octogénaires, se livrent à des petites ventes illégales dans les rues de Madrid. 

Les premières pages s'ouvrent sur Niceto en train de vendre des biens volés ou tombés d'un camion. Il parle avec d'autres hommes du même âge que lui, ce sont ses amis. Plus tard, Niceto parle à son petit-fils, Alvaro, au commissariat de police et ils mentionnent tous deux Roman, le père d'Alvaro et donc, le fils de Niceto. Si l'un est policier, le second est médecin légiste proche de la retraite. Le dernier corps sur lequel il travaille appartient à un ami de Niceto.

Au début de la bande dessinée, il ne se passe pas grand chose et pourtant, une atmosphère se crée et captive. Niceto est un petit vieux tout ce qu'il y a plus normal si ce n'est qu'il s'est tourné dans son vieil âge vers la délinquance en refourguant des biens électroniques illégalement. Son groupe d'ami et lui semble cacher un secret qui les mènera vers des dangers qu'ils ne soupçonnent pas. L'intrigue se développe autour de la mort d'un de ces petits vieux et là commence un véritable polar. 

Si Juan Diaz Canales dévoile dans cette satire sociale une Espagne en prise avec son Histoire pendant la guerre civile espagnole, une économie défaillante où un marché noir parallèle aux échoppes de commerces et des petits vieux qui vivent du trafic dans ces deux faces de l'Espagne. Le polar est tout autant présent et c'est avec plaisir que l'on découvre cette nouvelle histoire de Juan Diaz Canales, scénariste des bandes dessinées appartenant à la série Blacksad. Le style est le même et on retrouve avec un certain plaisir cette ambiance entre polar et conflit entre les générations (dans Blacksad, il s'agissait davantage d'une lutte entre la mafia et la police). 

En bref, je suis ravie de découvrir Canales autrement qu'à travers les histoires du Blacksad. L'ambiance noire installe un secret et si au départ, il ne semble pas prégnant à la lecture, on se rend vite compte que ce dernier est au cœur même de l'intrigue. Canales aborde toutes les étapes de la vie d'une façon qui lui est propre, s'il choisit de commencer par décrire la mort, il finit en faisant revivre le cycle de la vie. Peut-être que le secret de Niceto est finalement générationnel se transmettant alors du mort au nouveau-né... 

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