[ Filles du vent de Mathilde Faure ]

Autrice : Mathilde Faure

Nationalité française

Genre : contemporain, fait de société

Editions Charleston

Paru en mars 2021

256 pages


Lina, Assa et Céline, trois adolescentes placées dans un foyer à Argenteuil, ne partagent rien, hormis le quotidien atypique des mineurs de la protection de l’enfance. Lina, habitée par une immense violence, refuse les étiquettes que les adultes lui assignent. Assa rêve d'une adolescence normale et se réfugie dans les études et la littérature pour oublier une histoire familiale douloureuse. Céline, déscolarisée et fugueuse invétérée, vit au jour le jour et se prostitue par ennui autant que par besoin d’exister. 

Alors qu’à l’automne 2019, la vague #noustoutes déferle sur la France, chacune y trouve un écho à sa propre histoire. Et pourtant, aucune d’entre elles n’y est vraiment représentée. Ensemble, elles se lancent alors dans une fugue itinérante, pour couvrir les façades des plus grandes villes de France de collages qui portent la voix de ces adolescentes invisibles.


D'abord déconcertée par le ton et le style de Mathilde Faure, j'hésitais à poursuivre ma lecture. Cependant, les trois personnages principaux m'ont rapidement captivée. 

Assia, Lina et Céline, marquées par la vie, en perte de repères et désorientées par les défaillances de leur famille, vivent ensemble dans un foyer de l'ASE, l'Aide Sociale à l'Enfance. Pour diverses raisons, elles décident de fuguer afin de faire entendre la voix de toutes les jeunes filles placées. Leur mouvement, "Nous Toutes", les éveille au monde. 

Chacune de ces protagonistes est bouleversante, tant par leur passé que par leur présent. Bien que je ne sois pas certaine de me souvenir longtemps de ce livre, il reste malgré tout touchant de lire sur le destin de ces personnages cabossés. Le propos est percutant et offre un éclairage sur le système social d'aide à l'enfance. Néanmoins, le style m'a parfois refroidie et sortie de l'histoire. 

En bref, c'était une lecture agréable, mais pas aussi marquante qu'elle aurait pu l'être.

Page 12.

Ces murs renferment les parcours cabossés d'adolescentes aux vies décimées. Et merde, putain, je suis l'une d'elles.

Page 15.

Pendant plusieurs années, moi aussi j'ai usé toute mon énergie dans ces affrontements avec les Éducs, les profs, les adultes, tous ceux qui à un moment me voulaient du bien. Leur bienveillance m'était insupportable, et finalement mon esprit s'est habitué à cette brutalité.

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