mardi 3 février 2015

[ L'Amour et les forêts d'Eric Reinhardt ]


Auteur : Eric Reinhardt
Genre : contemporain, drame
Editions Gallimard
Coll. NRF
2014
368 pages 


Résumé 


L'auteur rencontre une femme qui l'a contacté pour lui parler de son nouveau roman. Au détour d'un café, un lien se crée entre ces deux personnages et la jeune femme va lui révéler sa vie entre douleur, amour et douceur. C'est la lutte d'une femme idéaliste qui a voulu vivre pour la liberté, pour se libérer d'une emprise malsaine. 

Mon avis

Je continue tout doucement mes lectures des prix littéraires 2014 (pas tous). Sincèrement, je pensais qu'avec un titre aussi mièvre, j'allais très vite le terminer et passer à autre chose. 

Au début de ma lecture, j'ai eu un mal fou à m'immerger dans l'histoire. Celle-ci débute sur le point de vue de l'auteur Eric Reinhardt qui rencontre une jeune femme, Bénédicte Ombredanne. Celle-ci a beaucoup aimé le dernier roman de l'auteur et l'a contacté pour le rencontrer. Au cours de cette première rencontre, il se dévoile un peu et exprime sa difficulté à écrire un nouveau roman après le succès du dernier. Lors de la seconde rencontre, c'est au tour de Bénédicte de livrer un brin d'elle-même. Le premier chapitre, centré sur le point de vue de l'auteur, m'a franchement refroidi. J'ai trouvé le ton très prétentieux, je l'ai vraiment trouvé égocentrique, imbu de lui-même. 

Toutefois, dans le second chapitre et dans les chapitres suivants, il relate toute l'histoire que Bénédicte lui raconte. Et là, ça devient intéressant ! Mon dieu, quelle histoire ! Le narrateur, qui est l'auteur (vous me suivez ? ^^), raconte avec délicatesse, avec subtilité l'histoire de cette femme qui se bat pour ne pas perdre de vue ses rêves malgré un mari pas commode. En effet, celle-ci subit le harcèlement de son mari. Au fil de l'histoire, on découvre toutes les facettes de ce personnage, Bénédicte Ombredanne, qui m'a attendrie et m'a ouvert les yeux sur toutes les violences qu'un homme peut faire à sa femme. Même passive, une violence n'est jamais anodine quelle qu'elle soit.

Dans cette partie du récit, j'ai eu l'impression que beaucoup de faits étaient adoucis pour les faire paraître moins graves qu'ils ne le sont véritablement. J'ai même cru, dans certains passages, que Bénédicte pensait mériter ce que son mari lui inflige. Et là est le drame car elle, elle ne voit pas tout le temps les actions de son mari comme des actes de violences contre elle. Des fois, elle l'excuse... Et ceci fait que c'est d'autant plus dur pour le lecteur d'assister à cela ; de voir cette histoire comme un voyeur, comme un voisin qui n'intervient pas pour aider cette pauvre Bénédicte Ombredanne.

Je ne veux vraiment pas en dire plus car ce livre ... c'est indéniablement une pépite de la rentrée littéraire 2014 ; une pépite qui n'a pas volé son prix (Renaudot des Lycéens 2014). C'est réellement avec effroi qu'on apprend une autre facette du couple de Bénédicte. La fin m'a littéralement serré le cœur. Comment rester insensible à tant de détresse ? 

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