Auteur : Jean-Claude Mourlevat
Nationalité : française
Genre : jeunesse, aventure, animalier, littérature française
Editions : Gallimard Jeunesse
Paru en août 2022
304 pages
Quatre ans après l'expédition Ballardeau, la vie a repris son cours pour Jefferson et Gilbert. Mais quand Simone, leur ancienne compagne de voyage, disparaît, le hérisson et le cochon se lancent sur les traces de la lapine dépressive. Les deux amis ne sont pas au bout de leurs surprises.
Dans ce deuxième tome, on retrouve Jefferson, ce petit hérisson tellement attachant, qui voit soudain son quotidien basculer lorsque Simone, sa chère amie lapine, disparaît sans laisser de trace. Ce n’est pas seulement une inquiétude vague : c’est un vide brutal, presque un arrachement. Pour Jefferson, la simple idée qu’elle puisse être en danger est insupportable. Alors il part, sans hésiter, avec Gilbert, un cochon un peu bourru mais au cœur immense, pour comprendre ce qui s’est passé. Très vite, leur enquête les mène au bord du monde humain, un territoire qui, dans leurs yeux d’animaux, ressemble presque à une frontière mythique : on y va rarement, on y va prudemment, mais on y va quand on n’a plus le choix.
Ce qui fait la force de cette histoire, c’est la sincérité des liens qui unissent les personnages. Oui, il y a cette petite phrase sexiste, mal placée, qui accroche un peu, un détail regrettable qui ne suffit pas à ternir le reste. Parce que tout le roman respire la solidarité, la loyauté, l’attachement profond qu’on porte à ceux qu’on aime. Jefferson n’est pas un héros flamboyant : c’est un petit être sensible, parfois maladroit, mais qui avance toujours pour les bonnes raisons. Et c’est ce qui le rend si touchant.
Jean‑Claude Mourlevat, fidèle à lui‑même, déploie une imagination douce et généreuse. On sent dans son écriture ce plaisir de raconter, cette capacité rare à nous faire voyager sans jamais forcer la main. Les scènes d'aventure s’enchaînent avec fluidité, les rebondissements tombent juste, et l’on sourit souvent devant la tendresse qui émane du duo Jefferson‑Gilbert. On retrouve cette magie silencieuse de ses romans : pas de grand effet, pas de spectaculaire tape‑à‑l’œil, mais une émotion qui s’installe doucement et qui reste longtemps.
Et finalement, lorsque l’on referme le livre, on se dit que ce second tome ne trahit en rien le premier : il en prolonge la chaleur, l’humour, l’humanité. Mourlevat a cette façon unique de rappeler que les histoires d’aventure peuvent aussi être des histoires de cœur, et que ce sont parfois les plus belles.
p18 :
Tout en se replongeant sur la cartographie de Ptolémée, mort en l'an 168 de notre ère, il se demanda à nouveau si c'était ça, la vraie vie, et s'il n'aurait pas mieux fait d'apprendre à cultiver des champignons de Paris, par exemple, ou à réparer des bicyclettes. Mais une demi-heure plus tard, il était tellement absorbé par son sujet qu'il n'aurait échangé sa place pour rien au monde, qu'on aurait pu jouer de la trompette à côté de lui sans qu'il s'en aperçoive.




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