jeudi 19 février 2015

[ L'homme qui avait deux yeux de Matthias Zschokke ]


Auteur : Matthias Zschokke
Genre : contemporain
Editions Zoé
Année 2015
253 pages

Résumé

Quand la femme avec laquelle il vivait décède, l'homme qui avait deux yeux décide de partir à Harenberg pour se reposer un peu.

Mon avis

En premier lieu, je remercie le site Babelio et la maison d'éditions Zoé pour cette nouvelle édition de Masse critique où j'ai eu le plaisir de découvrir cette maison  d'édition suisse.

L'homme qui avait deux yeux est une périphrase pour désigner le personnage principal. Ce dernier est un anti-héros par excellence. Il a tout de l'homme ordinaire ; il a travaillé comme chroniqueur judiciaire et a habité très rapidement avec la femme qu'il a rencontré dans une chorale. A sa mort, il écoute ce qu'elle a toujours dit : partir à Harenberg et se reposer dans un des nombreux hôtels près du pont de la gare. Il abandonne tout : son boulot et son logement pour aller dans cette ville. Mais à son arrivée, il déchante très rapidement car il ne reconnaît pas la ville qui lui a été décrite tant de fois.
Personnellement, j'ai eu un mal fou à finir la lecture de cette histoire. J'ai eu, à plusieurs reprises, l'impression que le personnage ne ressent rien. Il n'est pas question d'amour ou de quelconque autres sentiments. Le personnage principal, l'homme qui avait deux yeux, restitue tel quel ce qu'il lui arrive. Il raconte des petits riens inutiles qui à la fin de l'histoire prennent son sens.
En effet, ce sont les toutes dernières pages qui révèlent ce que pense vraiment notre homme qui avait deux yeux. Ce changement m'a perturbé car je m'étais faite une représentation du personnage et l'évocation de ses sentiments profonds et de ses choix a tout remis en question. Cet homme, je le trouvais très insipide, inintéressant ... et inutile.
Une pensée du personnage m'a particulièrement marquée à la page 226 : " Dans mon effroi, j'ai tout quitté et je suis venu ici, derrière la gare, pour voir d'autres personnes inutiles et sans but comme moi et me consoler à leur vue. Mais les rues étaient vides.". Cette phrase a éclairé ma lecture qui était jusqu'alors très insipide et ennuyeuse. J'ai perçu le personnage différemment. Cet homme ordinaire ne cherchait qu'un peu de réconfort.
En bref, je ne dirais pas que cette lecture a été déplaisante. Je me suis ennuyée mais la fin a changé ma vision de l'ensemble de l'histoire. La narration à la troisième personne et la périphrase pour désigner le personnage principal ne font que renforcer une distance entre l'histoire et le lecteur. Mais tout cela fait partie du projet d'écriture de l'auteur qui souhaitait créer cette distance et matérialiser une différence entre un personnage ordinaire et un lecteur également ordinaire. Je ressors donc de cette lecture assez perplexe car mitigée dans ce que j'ai pu ressentir tout le long de ma lecture...

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