mardi 12 janvier 2016

[ De sang- froid de Truman Capote ]


Auteur : Truman Capote
Genre : littérature américaine, policier
Editions Gallimard
Collection Folio
Année 1972
512 pages 

Résumé

En 1959, au Kansas, dans la petite ville de Holcomb, quatre membres d'une même famille, les Cuttler, sont assassinés sans mobile apparent. 
Mon avis

Le blog La Biblio de Gaby a lancé un club de lecture sur Facebook et vous n'êtes pas sans savoir maintenant qu j'adore ce genre d'initiatives, surtout quand ce sont des blogs qui lisent le même genre d'ouvrages que moi (et pas "que" du jeunesse, du New Adult et tous ces genres à la mode) et puis si vous me suivez régulièrement, vous n'êtes sans doute pas passés à côté de ma volonté de lire davantage de romans issus de la littérature américaine. 

Truman Capote est un auteur dont j'entends énormément parler dans les séries, dans les revues littéraires (et pas que), il est considéré comme un auteur classique et je me devais de le découvrir. Je me suis donc attaquée à ce livre-ci qui n'est pas son roman le plus populaire à ce que j'ai pu voir. Il raconte un fait divers qui s'est véritablement déroulé dans cette petite ville de Holcomb. Pour écrire ce roman, il a d'ailleurs rencontré les coupables et conversé avec eux. 

Avant toute chose, je dois dire que j'ai bien aimé l'ouvrage car même si dès le départ, les meurtriers nous sont connus, l'histoire est prenante. On veut savoir comment les policiers vont rattacher l'assassinat de la famille aux deux criminels. Comme il s'agit d'une histoire vraie, je cherche en quoi le qualifier de roman et certainement des vrais littéraires me l'expliqueront - pourquoi pas en commentaire ? 

Il s'agit d'un sordide fait divers comme il arrive - trop- souvent. Le roman se découpe en quatre ou cinq parties (oups, je n'ai pas pris de notes pendant ma lecture, vilaine moi !) et la toute première partie raconte la dernière journée de chaque membre de la famille et présente les deux meurtriers, Perry et Dick, sans pourtant nous les présenter comme tels. La famille est tout ce qu'on fait de plus lambda. Au début de la lecture, il est difficile de comprendre le mobile du quadruple assassinat. Perry et Dick sont présentés de la même manière que la famille. Jusqu'à la deuxième, voire même la troisième, partie j'ai même développé une certaine empathie pour les personnages. On comprend leur passé, leur histoire personnelle mais leur motivation et la façon dont s'est déroulé le drame ne sont dévoilées qu'à la fin du récit - pas la toute fin mais presque. 

Les personnages sont alors tout ce qu'il y a de plus authentiques et Truman Capote nous met dans une drôle de position. On les sait coupables mais grâce à l'empathie développée dans les premières parties du roman, on les prend en pitié. L'histoire se passe aux Etats-Unis, au Kansas au tout début des années 1960. La peine de mort est en vigueur et nous, lecteurs, on prend pitié de Dick et Perry car leur personnalité est analysée par un expert, des témoins ou des connaissances des deux hommes sont invitées à la barre et nous explique les grandes étapes de leur vie. On leur pardonne ! Ils ont des raisons - peut être pas les meilleures du monde ni les plus acceptables, et pourtant, on en vient à se poser des questions sur la légitimité de la sentence. 

Truman Capote nous fait nous interroger sur la peine de mort, sur les procès et surtout sur la déshumanisation dont l'homme est capable pour justifier un acte aussi barbare. ON en vient même à se demander qui sont les plus barbares dans une telle histoire : les juges ou les jugés ? 

2 commentaires:

  1. Très bonne conclusion. Je me suis posée la même question. Truman Capote a vraiment bien tourné son histoire. Merci d'avoir participé à ce club de lecture !

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  2. Les mêmes questions pour moi aussi.
    Mais par contre, autant j'ai pu ressentir de l'empathie pour Perry, autant Dick m'a plutôt fait froid dans le dos...

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