mercredi 20 janvier 2016

[ Zelda la Rouge de Martine Pouchain ]

Auteur : Martine Pouchain
Genre : contemporain, littérature française
Editions Sarbacane
Coll. Exprim'
Année 2013
264 pages

Résumé

Ayant perdu leur mère et leur grand-mère, deux sœurs habitent une grande maison qu'elle partage avec une colocataire, Kathy. Depuis ses 10 ans, Zelda est clouée dans un fauteuil et sa sœur aînée, Julie n'a qu'une envie : retrouver le chauffard qui a gâché la vie de sa petite sœur. 

Mon avis


J'ai entendu parler de Zelda la Rouge lors de sa parution ; j'avais alors laissé traîné une oreille et m'étais dit "un jour peut-être". Les jours, les semaines, les mois et les années ont passé sans que je lise ce récit. 

En commençant la lecture de cet ouvrage, je ne savais pas à quoi m'attendre. Après lecture de la quatrième de couverture, je m'étais arrêtée à deux thèmes : le handicap et la colocation. Je pensais alors trouver un ouvrage plein de pathos sur ces deux thèmes. Et puis, la lecture progressant, je me suis fait très vite une autre image du récit ! L'histoire y est beaucoup plus compliquée, tout comme les caractères des personnages. 

Tout d'abord, il y a Julie, la sœur aînée qui a tout abandonné pour élever sa petite sœur. Elle est extralucide : elle sent les morts et perçoit passé, présent, futur des personnes autour d'elle. Zelda, la petite sœur, a une quinzaine d'années et est cloué dans un fauteuil roulant. Si cette dernière le vit très bien et s'est habitué à la situation, Julie, par contre, n'oublie rien et ne pardonne pas au chauffard. A la mort de leur grand-mère, elles héritent d'une grande maison et pour payer les factures, elles ont Kathy, leur colocataire. La cinquantaine, cette dernière est une collègue de Julie et après un divorce douloureux, elle tente de se remettre sur pieds. Et puis, Jojo, le dernier arrivé dans la bande. IL a perdu son boulot et sa famille. Le jour où il a rencontré Julie, il voulait mettre fin à ses jours. 

Tous ces personnages ont des blessures, ont été marqués par l'empreinte de la vie. Ils essaient de survivre ensemble. Ils sont attachants car ils sont imparfaits mais justement ! Leurs imperfections les rendent encore plus beaux. Zelda et son optimisme, Kathy et sa bonne humeur, Jojo et sa maladresse et puis Julie qui est véritablement le personnage central à l'histoire. Et quand Baptiste arrive dans la vie des deux sœurs, c'est une tempête qui soulève les cœurs et qui montre une Julie beaucoup plus ébranlée par la vie qu'elle n'avait alors montré à sa jeune sœur. 

Dans cette histoire, les points de vue des deux sœurs nous sont présentés sous forme de chapitre. Un chapitre, c'est Zelda qui parle et l'autre c'est Julie. Deux points de vue, deux personnalités différentes et deux manières de s'exprimer. Martine Pouchain excelle dans cet exercice de style. Elle nous rend le récit incroyablement crédible et d'autant plus touchant. Cinq personnages pour nous expliquer l'urgence de vivre, on ne sait pas de quoi demain sera fait : chômage, accident, divorce, précarité, décès ... Zelda est vraiment un personnage rafraîchissant très loin de ce à quoi je m'imaginais, très loin des personnages habituels des romans pour adolescents et encore plus loin de ce que l'on attend d'elle. Elle démonte tous les stéréotypes et préjugés qui polluent la société sur les personnes en situation de handicap. 

En bref, c'est un très beau roman plein de vie qui marque par sa générosité, ses messages et ses personnages. Pas de pitié ici, que de la vie, de l'empathie. Un roman sur une deuxième chance : pouvons-nous tout pardonner ? et à n'importe qui ? A lire ! A relire !

4 commentaires:

  1. C'est un livre que j'avais beaucoup aimé, il est en effet plein de vie ! :D
    D'ailleurs Dylan Dubois, un autre roman de Martine Pouchain, est super aussi.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne connais pas ce livre-là mais tu es la deuxième personne à m'en parler ^^ Je vais me pencher sur cette lacune et essayer de le trouver en médiathèque ;) Merci pour ton commentaire :)

      Supprimer
  2. Autant ta chronique donne envie, autant ça me perplexe cette apparition du fantastique avec une sœur aînée extra-lucide. Est-ce que ça amène vraiment quelque chose au roman ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Étonnamment oui ! Mais je ne me suis pas penchée sur la question car cela amènerait des explications qui gâchent peut-être l'intérêt du dénouement ;) Merci pour ton commentaire :)

      Supprimer