dimanche 17 juillet 2016

[ La part des flammes de Gaëlle Nohant ]

Auteur : Gaëlle Nohant
Genre : fiction historique, littérature française
Editions Héloïse d'Ormesson
Année 2015
493 pages 

Résumé 


Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse rue Jean-Goujon à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers le comptoir n° 4, tenu par la charismatique duchesse d’Alençon.
Mon avis


Depuis sa sortie, je suis intriguée par cet ouvrage qui raconte, de façon romancé, l'incendie qui eut lieu en 1897 lors d'un événement mondain majeur de l'époque, le Bazar de la charité où mondains œuvraient pour réunir des dons pour des associations de charité. 

Le récit se découpe en trois parties : l'avant incendie, le pendant et l'après incendie. Au tout début du roman, la narration se concentre sur deux personnages féminins - Violette de Raezal et Constance d'Estingel - qui vont se rencontrer lors de ce fameux Bazar de la Charité grâce à la duchesse d'Alençon, personnage ayant réellement existé. 

Ces femmes, pour la plupart délaissées par leurs maris, fréquentent tout événement mondain pour donner un sens à leur vie mais également pour cancaner sur la vie des autres femmes. Violette en est le parfait exemple car à son adolescence, elle s'est détournée de la bienséance de de l'usage en fréquentant hors mariage un homme plus âgé qu'elle. Veuve depuis peu, elle se sert de cet événement pour revenir dans les bonnes grâces de la société mondaine. Constance est un personnage bien différent car, encore sous la tutelle de ses parents, elle est poussée par sa mère vers les mondanités et vers cet événement que toute la bonne société parisienne attend impatiemment. Autour de Constance, en plus de ses parents, un jeune gentilhomme : Laszlo de Nérac. Journaliste et amoureux de Constance, il couvre cet événement qui le décrédibilisera auprès de la bonne société. 

Utiliser cet événement comme amorce à son histoire, permet à l'auteur de parler de la société de la Belle époque. Sans insister, elle décrit une France troublée entre son héritage religieux judéo-chrétien et une Troisième République présente mais fragilisée par divers faits d'actualités - l'exemple le plus flagrant étant l'Affaire Dreyfus. J'adore particulièrement cette période de l'Histoire de France car elle est la période où politiquement la France et la société française cherchent à vivre en adéquation entre héritage et liberté. 

Au travers le récit de cet événement, l'auteur Gaëlle Nohant s'attarde sur un thème qui m'est cher : celui de la condition des femmes. L'histoire se passant au XIXème siècle, les femmes ne parlaient pas politique, n'avaient pas de compte en banque et leurs libertés étaient celles que leur accordaient leurs pères ou leurs maris. Même si le contexte prête peu à la condition féminine, les deux personnages féminins présentés sont indéniablement des féministes avant l'heure. Elles luttent pour des libertés comme par exemple celle de choisir entre le mariage ou le célibat ... Ces femmes dans leurs faiblesses sont fortes et ont le courage d'affronter la bienséance et la norme imposée par la société pour sortir des sentiers battus et vivre leur vie comme elles l'entendent ! Le parfait exemple est cette fameuse Duchesse d'Alençon qui choisit ses déplacements, va où elle le veut sans demander l'accord de son mari et sans présence d'un homme, autre que le chauffeur. 

Indéniablement, ce roman m'a bouleversé autant que le destin des deux personnages féminins. J'avoue ma préférence pour Violette de Raezal qui est beaucoup plus courageuse qu'elle ne se le dit.L'auteur nous décrit et nous raconte cette histoire de manière à ce qu'on se l'imagine sans aucun problème. A la fin de ma lecture, j'ai quitté des amies avec cette impression de deuil ; j'ai eu envie de me rendre à la Chapelle Notre Dame de la Consolation qui rend hommage aux nombreuses victimes du Bazar de la Charité. 

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