mardi 6 septembre 2016

[ Les vies de papier de Rabih Alameddine ]

Auteur : Rabih Alameddine
Genre : contemporain
Editions Les Escales
Parution 25 août 2016
304 pages


Résumé

Aaliya Saleh, 72 ans, les cheveux bleus, a toujours refusé les carcans imposés par la société libanaise. À l'ombre des murs anciens de son appartement, elle s'apprête pour son rituel préféré. Chaque année, le 1er janvier, après avoir allumé deux bougies pour Walter Benjamin, cette femme irrévérencieuse et un brin obsessionnelle commence à traduire en arabe l'une des oeuvres de ses romanciers préférés : Kafka, Pessoa ou Nabokov.

Mon avis

Aaliya, septagénaire, revient sur les événements de sa vie. A 16 ans, elle fut mariée à un homme qui la répudia quatre années plus tard. Dans le Beyrouth - Liban - , des années 1950 à nos jours, elle raconte comment elle est devenue la femme qu'elle est à ce jour c'est-à-dire une femme non conventionnelle pour là où elle vit. Loin de la tradition libanaise, Aaliya est une femme solitaire qui se complaît dans ses habitudes. Elle aime être seule dans son appartement pour traduire en arabe les grands auteurs. Elle a une vision très particulière de ces traductions ; en aucun cas, elle ne veut les faire publier. Ce qui compte pour elle est le plaisir de la traduction et de la redécouverte de ces textes qu'elle a tant aimés. 

Dans ce roman, Aaliya est la narratrice de sa vie ; elle raconte les événements de manière non linéaire et elle ne cesse de faire des bonds dans le temps pour revenir à un moment particulier du passé ou au présent. Ce personnage possède également un certain humour pour conter sa vie beyrouthine, se famille et son voisinage. J'ai particulièrement apprécié la façon dont elle parle des autres personnages et notamment ses deux voisines. Autre point que j'ai apprécié est la précision avec laquelle elle raconte les événements de l'Histoire du Liban et notamment les bombardements qui ont rythmé la vie d'Aaliya pendant quelques temps. Cela nous permet de nous immerger encore plus dans l'histoire de la narratrice.

Dans ce texte, Aaliya instaure une certaine mélancolie à laquelle il est difficile de ne pas succomber. Elle raconte sa vie avec tant d'authenticité et de pudeur que le lecteur - nous, en l’occurrence - se laisse prendre dans le texte jusqu'à la toute fin. Elle ponctue son récit de citations extraites des nombreux romans qui ont jalonné sa vie et en lesquelles elle se retrouve - d'ailleurs, la bibliographie accompagnant ce récit est assez conséquente et mériterait qu'on s'y attarde piochant deci deçà des idées lecture. 

En bref, un joli texte contemplatif sur la vie d'une femme ordinaire pour nous mais extraordinaire pour la société dans laquelle elle a grandi. Véritable ode à la littérature, tous les amoureux des livres se retrouveront dans le personnage d'Aaliya. 

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