Autrice : Lemon Haruna
Traduit du japonais par Miyako Slocombe
Genre : manga, vie quotidienne
Paru en 2021
Gros coup de cœur pour ce manga ! Pourquoi ne l'ai-je pas lu avant ?! Une vraie pépite où l'on suit une employée intérimaire japonaise qui cherche sa place dans son entreprise, dans la vie des autres mais surtout dans sa propre vie.
Elle s'est toujours sentie en décalage et, de fait, a toujours cherché à imiter les autres, à camoufler ce qu'elle est par ce qui est représenté ici par un blob.
Je crois qu'on est tous un peu comme Daruchan, à chercher qui on est, notre chemin dans un monde qui veut imposer sa norme et où l'extraordinaire est anormal, rejeté et moqué.
C'est un manga plus positif et bienveillant que ne laisse penser cette présentation. Daru-Daru est un personnage lumineux, que l'on prend plaisir à suivre et découvrir dans ses particularités, dans son évolution dans des planches tantôt contemplatives tantôt bavardes. Pour moi : c'est wow.
Extraits :
p.46 : J'ai beau être triste. J'ai beau être si triste et si dépitée que j'ai envie de crier. J'ai beau sentir un couteau dans la poitrine, j'ai beau être remplie de colère, j'ai beau en avoir marre de tout. J'ai beau me sentir seule à en pleurer, j'ai beau avoir l'impression que je le resterai à jamais. Le jour se lève et j'ai faim. Je me sens comme une merde.
p. 101 : Dès qu'on met les gens dans des cases, il y quelque chose qui en dépasse car on est tous différents. On a chacun notre personnalité avec d'être un homme ou une femme. Je doute donc que ça ait du sens de mettre les gens dans des cases selon qu'on soit un homme ou une femme, valide ou handicapé.
p. 183 : Moi, je fais ce qu'il ne faut pas faire parce que je ne suis pas normale. Les gens se tiennent à l'écart parce que je ne suis pas normale, je ne peux pas devenir heureuse. C'est pour ça que je fais toujours attention au regard des autres, que je m'aligne sur les autres et que je joue un rôle. Je suis obligée. Je ne vois pas d'autre moyen de vivre.
p. 184 : Une personne normale, ça n'existe nulle part. Personne n'est normal. Ne crois pas que la clé du bonheur se trouve dans une illusion qui n'existe pas.
p. 198 : J'ai compris que de vouloir te rendre heureux, de croire que j'en suis capable, c'était de l'orgueil. Ce que je peux faire, c'est me rendre heureuse, c'est tout. Il n'y a que moi qui puisse me rendre heureuse.


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