[ Je suis bleu de Garance Meillon et Margaux Othats ]

Autrice : Garance Meillon

Illustratrice : Margaux Othats

Nationalité française

Genre : jeunesse, contemporain

Editions Seuil jeunesse

Paru en avril 2023

112 pages


Léo a 9 ans, sa soeur Clémentine 5 ans. Elle vient de recevoir une boîte de pastels. Ensemble, ils jouent et élaborent des stratagèmes pour ne pas entendre les disputes de leurs parents, là dans la pièce d’à côté. Ils rient. Avec le pastel bleu, le « bleu cobalt », Clémentine couvre Léo de traits, des pieds à la tête. Une peau couleur de l’océan. Leurs parents les surprennent. Il se fâchent, puis s'attendrissent. Heureusement, le pastel s'en va facilement dans l'eau du bain. Sauf que le lendemain, au moment de mettre ses chaussettes, Léo constate une chose étrange : son gros orteil gauche est… bleu, comme le pastel numéro 32.

Dans ce roman tout en finesse, on suit Léo, un garçon de neuf ans qui voit le monde familial se fissurer sous ses yeux. Les disputes entre ses parents se multiplient, sans qu’on ne lui explique jamais vraiment ce qui se passe. Cette tension silencieuse, il la ressent profondément, au point qu’un jour, une petite tache bleue apparaît sur sa peau. Puis une autre. Et bientôt, le bleu s’étend, comme si son corps absorbait la tristesse et l’incompréhension qu’il ne parvient plus à exprimer.

Léo se met alors à se cacher, non seulement pour dissimuler cette couleur inquiétante, mais aussi pour se protéger d’émotions trop grandes pour lui. Le lecteur comprend que ce bleu n’est pas une maladie : c’est le langage de tout ce qu’il n’ose pas dire, de tout ce qu’on ne lui dit pas. C’est la matérialisation d’une solitude d’enfant face au silence des adultes.

Avec beaucoup de délicatesse, le roman explore la manière dont un enfant hypersensible traverse la séparation de ses parents. On ressent ses peurs, sa culpabilité, mais aussi sa façon presque instinctive d’absorber les émotions de ceux qu’il aime. C’est une histoire profondément touchante, qui parle du non‑dit, du poids des émotions, et de la nécessité de mettre des mots sur ce qui fait mal — surtout quand un enfant écoute, observe et ressent tout.

Commentaires