[ La maison des mots perdus de Kochka ]

Autrice : Kochka

Nationalité : française

Genre : jeunesse, contemporain, littérature française

Editions Flammarion

Paru en février 2023

168 pages


"Ta maman a perdu les mots mais elle n'a pas perdu les chansons. Les chansons c'est les mots gorgés de la musique du courage."Ravi vit heureux sur la montagne, entouré de ses parents. Même si sa mère, Asha, ne parle pas français, elle chante pour son fils en bengali.Joyeux et insouciant, Ravi comprend pourtant que sa famille ne lui a pas raconté toute son histoire. Alors, le jour de ses dix ans, il décide de découvrir ce qu'on lui a caché.


C’est une histoire qui commence doucement, presque timidement, avec un petit garçon nommé Ravi qui s’apprête à fêter son anniversaire. Mais ce jour qui devrait être joyeux se transforme en un moment de solitude : son père est absent, et sa mère, originaire d’Inde, ne parle pas encore la langue de son fils et ne connaît pas les traditions d’ici. Pour elle, un anniversaire n’a rien d’un événement particulier et cette distance culturelle crée entre eux un fossé qu’aucun des deux ne sait comment combler.

Ravi, lui, ressent tout cela sans vraiment le comprendre. Il ne met pas de mots sur sa tristesse : il la porte simplement, comme un poids qu’il traîne avec lui à l’école. Et c’est justement là que quelqu’un remarque son malaise. Le directeur, inquiet de le voir si renfermé, cherche une solution, quelque chose de simple, de chaleureux, et demande au gardien de passer un peu de temps avec lui, de parler, de l’écouter peut‑être.

Mais ce n’est finalement pas une conversation qui va soulager Ravi. C’est une vérité beaucoup plus intime : le parcours de sa mère, ses difficultés, son histoire d’avant, sa rencontre avec son père… Tout ce qui a façonné cette femme qui l’aime, mais qui ne sait pas toujours comment le lui montrer. Lorsque Ravi découvre ce passé raconté sans grand discours, mais avec une sincérité qui touche, quelque chose se dénoue en lui. Comme s’il comprenait enfin que sa mère n’est pas distante par refus, mais par pudeur, par maladresse, par manque de repères.
C’est un récit tout en délicatesse, poétique même, qui parle d’identité, de transmission, d’amour maladroit mais réel. On y sent la douceur, l’espoir, le lien invisible entre une mère et son fils qui cherchent, chacun à leur manière, comment se rejoindre.

La seule réserve, peut‑être, tient à la fin : elle arrive un peu vite, comme si l’histoire se hâtait de refermer la porte juste au moment où elle s’ouvrait. Les événements s’enchaînent alors un peu trop rapidement pour être pleinement crédibles, laissant un léger sentiment d’inachevé. Pourtant, la sensibilité du récit reste en mémoire, lumineuse et fragile.

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