vendredi 8 décembre 2017

[ Traverser la nuit de Martine Pouchain ]

Auteur : Martine Pouchain
Genre : policier, jeunesse
Editions Sarbacane
Coll. Exprim'
Paru en mai 2012
224 pages

Résumé

« J’ai vingt-cinq ans et je suis flic, ou comme on veut : keuf, condé, bourre, poulet, perdreau, mickey, cow-boy. » Le « flic », c’est Vilor. Dans la petite ville picarde où il opère, rien ne se passe jamais… et pourtant, un jour, il y a un meurtre. Pour Vilor, c’est important bien sûr cette histoire de meurtre, vu qu’il est devenu flic pour combattre le mal. Mais ce qui l’est tout autant, c’est Blanche, la fille du mort.


Mon avis

Il y a quelques années, j’ai découvert la plume de Martine Pouchain à travers son ouvrage - véritable coup de cœur et révélation pour moi - Zelda la Rouge. Je m’étais alors promis de lire d’autres ouvrages de l’auteur...et puis le temps a passé sans que je ne tombe sur un autre de ses romans. Mais cette année, j’ai trouvé - si on peut appeler cela comme cela - ce titre à la bibliothèque municipale. Fort de mes émotions lors de ma lecture de Zelda la Rouge, j’ai donc décidé sans aucune vergogne de l’emprunter.

Traverser la nuit est un roman très différent, je ne m’attendais pas à tomber sur ce genre de récit. Ici, nous sommes dans un roman policier très particulier. Le personnage principal - Vilor - est un officier de police. Lorsqu’un meurtre advient dans le petit village picard - qui flaire bon l’Aisne ? -, il est en charge de l’enquête et va écouter et auditionner tous les habitants. Mais ses habitants - tout comme la victime - il les connaît depuis toujours. Difficile pour lui d’envisager un de ses voisins comme meurtrier … Et puis, il y a Blanche, la fille de la victime et coqueluche du village ; tous les hommes en sont amoureux et Vilor, notre officier, ne reste pas non plus de marbre devant cette beauté qui n’est pas sans rappeler les héroïnes de nos contes d’enfance.

Après la lecture de ce roman, je suis assez perplexe par un aspect du récit. Blanche est une jeune fille de 17 ans qui joue des hommes, qui a conscience des regards libidineux des vieux et jeunes hommes sur elle. Elle en joue même ! Outre cet aspect, je l’ai finalement trouvé très superficielle et assez creuse. Le combat de coqs qui se joue entre les mâles du village était sincèrement déplaisant. Je regrette que la psychologie de la jeune fille après le meurtre de son père n’ait pas été développée davantage.

A contrario, j’ai bien aimé la façon dont l’auteur présente et parle de Vilor, personnage principal de l’histoire. Certes son regard énamouré m’a dérangé, pourtant j’ai bien aimé comment le personnage revient sur son passé et nous fait comprendre par des chemins déviés son présent. J’étais à mille lieues de deviner où Martine Pouchain voulait en venir. Ces descriptions m’avaient dérangé mais à la fin, j’ai compris pourquoi elles étaient aussi importantes. Elles ont pris alors une autre saveur que j’ai finalement su apprécier le roman.

Puis, il faut bien avouer que Martine Pouchain a un très beau style d'écriture. Elle arrive à immerger le lecteur rien qu'avec sa façon de raconter le cadre de l'histoire. Ici, elle utilise à escient le langage argotique - picard - des habitants. Des fois, cela peut ralentir l'histoire mais en même temps, cela donne surtout une dimension humaine - presque humaniste - à ces picards.

En bref, ce fut une lecture bien plus mitigée que ce à quoi je m'attendais. Mais, Martine Pouchain - malgré un personnage de Blanche odieux - a su maîtriser le suspense avec brio et je ne m'attendais pas à un tel récit sur les dernières pages. Heureusement Vilor est assez humain et torturé pour rattraper le personnage de Blanche.

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