mercredi 24 janvier 2018

[ La vie devant soi de Romain Gary ]

Auteur : Romain Gary
Genre : classique, littérature française
Editions Gallimard
Coll. Folio 1362
Paru en 1982
288 pages

Résumé


Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que «ça ne pardonne pas» et parce qu'il n'est «pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur». Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son «trou juif», elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré «des peuples à disposer d'eux-mêmes» qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort.
Mon avis


Il n’y a pas très longtemps je vous parlais du roman Le Vin des morts de cet auteur, Romain Gary. C’était un roman très étrange qui m’a fortement intrigué de par ses thèmes et de par le style de l’auteur. Il m’a donné envie de lire autre chose de l’auteur et je me suis tournée vers ce roman car c’est celui dont j’ai le plus entendu parler (avec Les promesses de l’aube mais celui-là ne me dit vraiment rien). 

Dans ce roman, Romain Gary met en scène le personnage de Momo. Abandonné par sa mère et recueilli par Madame Rosa. Cette dernière accueille les enfants des prostituées jusqu’à ce qu’ils soient recueillis par des familles d’accueil. Momo grandit, découvre la vie etc. Très naïf, il a une manière très tendre de voir la vie. On ressent cette candeur et cette innocence bien particulière dans l’écriture même de l’auteur qui n’hésite à faire parler son narrateur et à utiliser ses faiblesses langagières. Romain Gary décide de garder ce “parler” très particulier du début à la fin du roman. Toutefois, Momo grandissant, sa façon de s’exprimer évolue au fil des pages mais il garde tout de même une innocence dans sa manière de voir la vie et les autres. 

Momo est très attaché à sa gardienne. C’est très touchant de voir sa fidélité envers celle qui l’a élevé. Il la voit vieillir et petit à petit perdre sa motricité, il l’aide au quotidien à faire ses courses, le ménage etc. Autour d’eux, l’auteur dépeint une palette de personnages qui vont voir grandir, qui vont aider Momo avec Madame Rosa comme le Dr N’Da Amédée, un “proxynète” illettré ou Madame Lola, une voisine prostituée et travestie au bois de Boulogne. … 

Dans ce roman, j’ai particulièrement aimé l’authenticité et la vulnérabilité de Momo. Il dégage une certaine candeur, une certaine innocence qui sont touchantes. Comme je le disais, Momo s’exprime assez mal en français mais sa façon de s’exprimer évolue au fil des pages et des années qui passent dans le récit. A la fin du récit, j’ai été littéralement emportée par l’émotion. Je ne m’attendais pas à une telle chute, un peu morbide mais véritablement sublime. 

En bref, je ne regrette absolument pas d’avoir mis ma peur de côté pour m’attaquer à cet auteur classique du XXème siècle. L’écriture est profonde, humaine Elle nous permet de créer un certain lien avec Momo, un lien d’attachement. Tous les personnages ont des faiblesses, des blessures et des caractéristiques qui les transforment en véritable êtres vivants, ils sont crédibles. On les voit prendre vie devant nous. Un vrai chef d’oeuvre ! 

Note : Prix Goncourt 1975

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